La Fabrique de Fillé et le château du Gros chesnay


 Peinture de Christiane Choisnet dans le cadre de la journée des "Peintres en Liberté" - 1er Prix Féminin.

 

 

Précédemment, en 1398, Perrine de Buffe avait fait acte de "vendition" (acte de vente) de la métairie de Bourdigale au profit du procureur de la fabrique d'Arnage. Plus tard, en 1412, Jehan de Germaincourt et Perrine, sa femme, sont témoins d'une donation à Huet de Buffes du Domaine de Saint-Benoît dans la suzainerie de la Suze.

L'église de FILLÉ dont la paroisse a été fondée en 1135 abrite une statue en terre cuite de la VIERGE A L'ENFANT, joli symbole de la Renaissance. Cette statue est l'œuvre de Charles Hoyau qui est un des sculpteurs les plus doués du XVII ° siècle. Il a joui dans le Maine, de son vivant d'une notoriété certaine. Il a réalisé la très belle statue de la Sainte-Cécile dans la cathédrale du Mans ainsi que plusieurs statues de la Vierge dont celle de l'église de FILLÉ. Dans cette église, on remarquera la pose élégante et le drapé animé avec grâce qui évoquent le talent de Charles HOYAU. Cette statue fortement endommagé au XX° siècle par l'incendie de 1944 en garde des séquelles ce qui permet d'observer les différentes parties de l'œuvre. En effet, celle-ci fut cuite par morceaux qui furent assemblés dans un second temps. L'enfant Jésus s'appuie sur le bras gauche de Marie et sa main repose sur la poitrine de la Vierge. Il semble que les doigts de Marie forment le monogramme du Christ.



statue de la Vierge à l'Enfant

 

Le curé de FILLE paya 22 livres Mançoises* valant 3 arcs et 8 deniers tournois pour ses vignes du "Groux Chesnayes"

* livre mansoise = denier du Mans : cenomanense ou mansoise.

* le double denier tournois est ancienne monnaie émise par les rois de France à partir de la fin du XIII° siècle :

- pendant la période médiévale et post-médiévale où le double deniers tournois est une monnaie de billon fabriquée à la main.

 


Dessin de Frédéric Piquet que

 je remercie ici

 

"La Fabrique est un conseil composé de paroissiens élus appartenant à la Communauté des habitants de la paroisse et chargé d'administrer et de gérer les biens religieux.

A l'origine, les fabriques étaient composées de membres du Clergé ou marguilliers qui dressaient la liste des pauvres. Elles comprenaient un conseil de fabrique, assemblée délibérante et un bureau des marguilliers, organe d'exécution.

A l'exception du curé et du maire, membres de droit, les fabriciens étaient d'abord nommés par l'Évêque et le Préfet avec renouvellement tous les trois ans.


En examinant la gestion du procureur de fabrique de Fillé, nous pouvons nous renseigner sur les biens et revenus de l'église au XV° siècle, sans être surpris de la modicité des recettes examinées de 1461 à 1468. Ces recettes provenaient en grande partie d'une redevance des fidèles appelée "les droictures de Pâques" et dont le curé percevait la moitié. En revanche, venaient s'ajouter à cette redevance, les offrandes des fidèles, tantôt en nature, tantôt en argent.

Mais les ressources étaient bien restreintes à Fillé et de ce fait le procureur de fabrique n'arrivait pas à équilibrer son budget. En conséquence, le luminaire qui représentait la plus large part des dépenses avait été considérablement économisé. Les cierges achetés pour Pâques 1462 avaient servi à toutes les solennités de l'année. De plus, on employait que peu d'encens.

D'autres dépenses, telles que le versement d'une petite somme au doyen ou au représentant qui venait exercer dans l'église son droit de visite, une petite rétribution au procureur de fabrique qui, lui non plus n'exerçait pas gratuitement sa charge (ce qui est logique) l'entretien du mobilier de l'église ainsi qu'une somme versée aux Seigneurs des fiefs, n'arrangeaient pas, bien entendu, les comptes de notre procureur de fabrique !

C'est ainsi que, pour faire face à ces diverses charges, les revenus ordinaires ne suffisaient pas. Les habitants qui étaient en possession de quelque bien que ce soit devaient verser une somme proportionnelle à la valeur de l'acquisition.

Les déficits des comptes de fabrique de 1698 ont été ainsi comblés. Cela ressemble à ce que nous acquittons de nos jours et qui s'appelle l'impôt ? ...".

(extrait de l'Historique de Fillé "Les Comptes de Fabrique de Fillé de 1461 à 1468" La Roue Tourne décembre 1984). 


Dans le dictionnaire statistique de la Sarthe, Julien-Rémy Pesche parlait ainsi de la paroisse de Fillé :

"L'église de Fillé est sous le patronage de Saint-Martin, abbé de Vertou...Assemblée le dimanche le plus prochain du 24 Octobre. La cure était présentée par l'abbé de la Couture du Mans. Il y avait plusieurs chapelles fondées, celle de Champmortier, de Saint-Jean-Baptiste et la prestimonie de Gaupuceau..."

 

Au moyen âge, les sergents étaient des personnages chargés d'exécuter des tâches généralement subalternes aidant le Maire ou l'intendant dans un domaine. En ce nous qui concerne à FILLÉ, le sergent aidait le Seigneur. Ils étaient rétribués au moyen de la tierce partie des amendes et des choses qu'ils avaient confisquées.

Il en était ainsi dans les sergenteries secondaires de la province du Maine, dans celle de Tucé et Domfront-en-Champagne notamment mais, par contre, à FILLÉ, le sergent seigneurial ne prenait rien. 

 

Les Seigneurs Mesnard abandonnèrent donc par la suite le château fortifié de Buffes pour le château du Gros Chesnay en rive droite de la Sarthe et annexèrent à cette terre la Seigneurie de SPAY, paroisse voisine et celle de ROËZE, autre commune limitrophe partagée entre les Seigneurs de la Suze par la réunion au Gros Chesnay des fiefs de Vauguyon et de la Beunêche.

1030 est l'année où est institué la date du 2 Novembre pour fêter les morts.

 

 

 


LE CHÂTEAU DU GROS CHESNAY




photo collection personnelle



 

 

Le château du Gros Chesnay est d'époque Louis XIII. Au bout d'une longue allée que côtoie, à gauche, une douve tandis qu'à droite un terre-plein rectangulaire est entouré d'eau, le château du Gros Chesnay dresse sa façade orientale. L'allée anciennement toute droite aboutissait au château après être passée entre deux pavillons carrés dont l'un servait de chapelle.

Au devant de la façade nord, il existait un jardin planté à l'anglaise, des terrasses, des bosquets et un bois bien percé s'étendant au Nord-Est, partie en futaie, partie en taillis ; vis-à-vis de la façade sud, une première cour gazonnée, close de murs et de grilles à hauteur d'appui.

Autant d'îles de verdure du plus agréable aspect.

 

Dans le dictionnaire statistique de la Sarthe, Julien-Rémy Pesche écrit au sujet du chateau du Gros chesnay :

"Construit il y a moins de deux siècles, le château du Gros Chesnay se compose d'un bâtiment régulier flanqué de quatre tourelles rondes à ses quatre angles et d'une grande galerie en retour partant de la tourelle nord-est et s'allongeant au nord ; d'un autre bâtiment percé de quatre croisées attenant à l'est du précédent ; de communs, d'une fuie et d'une ferme à côté. Au devant de la façade nord, un jardin planté à l'anglaise, des terrasses, des bosquets et un bois bien percé s'étendant au nord-est, partie en futaie et partie en taillis ; vis-à-vis la façade sud, une première cour gazonnée close de murs et de grilles à hauteur d'appui avec deux pavillons carrés aux deux angles opposés au château dont l'un servait de chapelle ; une belle avenue qui s'étend jusqu'à la rivière, et au-delà jusqu'à la grande route, sur une longueur de 3 kilomètres et demi, à partir du château ; à côté, à gauche de cette avenue, de nombreux canaux remplis d'eaux limpides se croisent et divisent une jolie prairie en plusieurs carrés entourés de plantations d'arbres, ce qui forme autant d'îles de verdure du plus agréable aspect. Le fief du comté de Belin s'étendait aussi sur Fillé..."


sources et références manuscrites : archives départementales de la Sarthe
recherches ponctuelles dans les séries E, F, O, M, N.
archives de la Mairie de FILLE.
sources et références manuscrites : CHARLES HOYAU sculpteur, le grand maître de l'école Mancelle, article "Patrimoine" de la revue MAINE DECOUVERTES n° 23 de décembre 1999, janvier et février 2000.
Lecture de la totalité de l'ouvrage LA SARTHE ET SES RICHESSES de André LIGNE et Gilles KERVELLA des Editions de la Reinette.
revue historique et archéologique du Maine - 1956/77.

 
 

sur la fabrique de Fillé :
- extrait de l'Historique de Fillé "Les Comptes de Fabrique de Fillé de 1461 à 1468" La Roue Tourne décembre 1984
- extrait du dictionnaire statistique de la Sarthe, Julien-Rémy Pesche

Liens :

LE ROBOT DE LISA BUZZ

 

Lisabuzz.com parle de FILLE SUR SARTHE : Sans tambours ni trompettes, Choisnet christiane propose ici une contribution ambitieuse à l histoire du Web. En effet, FILLE SUR SARTHE est un régal de bonne humeur, de bons mots, et d informations passionnantes. signé http://blog.lisabuzz.com



 


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